Les ponts métalliques

L'histoire des ponts métalliques est liée à l'évolution continue des matériaux employés. La fonte fut le premier matériau moderne utilisé pour la construction de ponts, dès la fin du XVIIIe siècle en Angleterre. Sa résistance à la traction étant très faible, elle permit de construire uniquement des ponts en arc travaillant en compression. Le premier pont en fonte fut le Coalbrookdale, construit en 1779 (sur la Severn) et comportant cinq arcs parallèles de 30,50 m de portée.

Dès le début du XIXe siècle, la production du fer s'est rapidement développée. Plus cher que la fonte, dont il est issu, le fer présente l'avantage d'avoir une bonne résistance à la traction et une grande ductilité. Les premières applications ont été des ponts suspendus par des chaînes de fer.

Puis apparurent aux Etats-Unis les poutres triangulées, les constructeurs s'inspirant des ponts en bois ; cette technique est apparue en Europe vers 1850. On peut citer les deux grands viaducs dus à Eiffel: le pont Maria Pia à Porto (1877) et le viaduc de Garabit, sur la Truyère (1884, portée de 165 m), dans le Cantal.

Après 1860, la production industrielle de l'acier s'est rapidement développée. L'acier, possédant des caractéristiques mécaniques bien supérieures à celles du fer, a permis un allégement des structures. Il a progressivement remplacé le fer dans tous les types d'ouvrages: ponts à câbles, ponts à poutres et ponts en arcs. Le premier grand pont en acier fut le Saint Louis Bridge (1874), sur le Mississippi: conçu par James B. Eads, il comporte trois arcs de plus de 152 m de portée chacun.